(A.P.Hawzah) L’Imam Sadjad (que la paix soit sur lui) demande ainsi à Dieu, dans le Sahifa Sadjadiyah :
« اَللَّهُمَّ إِنیِّ أَعُوذُ بِکَ مِنْ ... سُوءِ الْوِلاَیَةِ لِمَنْ تَحْتَ أَیْدِینَا. [1]
Ô Dieu ! Je cherche refuge auprès de Toi contre ... la mauvaise conduite envers ceux qui sont sous nos mains.
Explication :
La vie et l’établissement de l’ordre dans la société exigent que certains soient à la tête des affaires et que d’autres, en tant que subordonnés et exécutants, fassent avancer les choses. Ce qui mérite l’attention, c’est que, dans la vision de la religion, ni le fait d’être à la tête ni le fait d’être subordonné n’est un signe de supériorité ou d’infériorité ; ce qui est objet d’attention et de considération divine, c’est l’observation de la piété (taqwā).
C’est pourquoi l’une des recommandations insistantes de l’Islam est l’attention portée aux personnes placées sous son autorité ; une attention qui peut unir le cœur de l’ouvrier, du subordonné et de l’exécutant avec le responsable et le dirigeant, et ainsi, il déploiera le maximum de sincérité et d’effort dans le service et la réalisation des objectifs de l’institution et de son responsable.
Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d’Allah soient sur lui et sur sa famille immaculée) a dit dans une recommandation :
إِخْوَانُکُمْ جَعَلَهُمُ اَللَّهُ تَحْتَ أَیْدِیکُمْ فَمَنْ کَانَ أَخُوهُ تَحْتَ یَدِهِ فَلْیُطْعِمْهُ مِمَّا یَأْکُلُ وَ لْیَکْسُهُ مِمَّا یَلْبَسُ وَ لاَ یُکَلِّفْهُ مَا یَغْلِبُهُ فَإِنْ کَلَّفَهُ مَا یَغْلِبُهُ فَلْیُعِنْهُ. [2]
Ces gens sont vos frères qu’Allah a placés sous vos mains. Que celui dont le frère est sous sa main le nourrisse de ce qu’il mange lui-même, le vête de ce qu’il porte lui-même, et ne lui impose pas une tâche qui dépasse sa capacité ; et s’il lui en impose une, qu’il l’aide.
Il a été dit que le critère divin pour distinguer les personnes est la piété, et non le fait d’être chef ou responsable. Dans la vie des saints d’Allāh, on peut trouver cette vérité. Une personne qui accompagnait l’Imam Al-Réza (que la paix soit sur lui) lors d’un voyage vers le Khorāsān rapporte :
... دَعَا یَوْماً بِمَائِدَةٍ لَهُ فَجَمَعَ عَلَیْهَا مَوَالِیَهُ مِنَ اَلسُّودَانِ وَ غَیْرِهِمْ فَقُلْتُ جُعِلْتُ فِدَاکَ لَوْ عَزَلْتَ لِهَؤُلاَءِ مَائِدَةً فَقَالَ مَهْ إِنَّ اَلرَّبَّ تَبَارَکَ وَ تَعَالَی وَاحِدٌ وَ اَلْأُمَّ وَاحِدَةٌ وَ اَلْأَبَ وَاحِدٌ وَ اَلْجَزَاءَ بِالْأَعْمَالِ. [3]
Un jour, l’Imam Al-Réza (que la paix soit sur lui)) ordonna qu’on dresse une table (pour le repas) et y invita ses serviteurs noirs et d’autres. Je dis : “Que ma vie soit votre rançon ! Si vous dressiez une table séparée pour ceux-ci ?” Il répondit : “Laisse cela. Le Seigneur – béni et exalté soit-Il – est Un, la mère est une, le père est un, et la rétribution ne se fait que selon les œuvres.”
En vérité, prendre en considération cette chose apparemment simple – qu’il n’existe, devant Dieu, aucune différence entre le chef et le subordonné, si ce n’est la piété – peut dessécher la racine de toutes les orgueils, les préjugés, les injustices, les discriminations et les iniquités.
L’importance des droits des subordonnés est telle que l’Amīr al-Mu’minīn, L'Imam Ali (que la paix soit sur lui), dans une lettre très riche adressée à Mālik al-Ashtar, donne de nombreuses recommandations sur la manière de traiter les subordonnés et les sujets. L'Imam (que la paix soit sur lui) écrit dans une partie de cette lettre :
فَإِنَّ فِی النَّاسِ عُیُوباً، الْوَالِی أَحَقُّ مَنْ سَتَرَهَا. [4]
Les gens ont des défauts ; le chef de la communauté (le dirigeant, le gestionnaire, le superviseur, le commandant, etc.) est le plus digne de tous pour les cacher.
Cacher les défauts des subordonnés !!! Peut-être trouvera-t-on rarement un responsable qui ait une telle vision de sa fonction de direction.
Et il y a beaucoup d’autres recommandations très nombreuses dans la religion islamique concernant le respect des droits des subordonnés, dont la prise en considération rendra peut-être le choix des postes de direction, pour beaucoup de croyants, plus réfléchi.
Notes :
[1] Invocation huitième de Sahifa Sadjadiyah.
[2] Bihar al-Anwar, vol. 71, p. 141.
[3] Al-Kafi, vol. 8, p. 230.
[4] Lettre 53 de Nahj al-Balaghag.




Votre commentaire